Mots doux de Victor Hugo à Juliette Drouet
Qu’est-ce qu’un l'artiste sans une inspiratrice ?
Victor Hugo et Juliette Drouet font partie de ces chroniques qui
construisent un homme et son art, les consignent dans l'immortalité des émotions.
2 février 1833, Victor Hugo donne la première de Lucrèce Borgia, pièce dans laquelle joue une certaine
Juliette Drouet.
Les deux artistes s’attirent comme des aimants, quelques semaines plus tard ils sont amants et plus Cette passion ne se démentira plus ; et on
imagine même pas la mort les avoir séparés.
Durant leurs longues années d'amour partagé, Victor Hugo et Juliette Drouet ont échangé de riches lettres d'amour. La plume de Victor Hugo s'enflamme sous ses sentiments pour Juliette Drouet, et la littérature française a reçu en legs le cœur d'un homme offerte à sa tendre mie.
Extraits :
Victor :
« Rêve que je t’aime, rêve que je suis à tes pieds, rêve que tu es avec moi, rêve que je suis avec toi, rêve que je ne peux pas vivre sans toi, rêve que je pense à toi, rêve que je t’écris. A ton réveil, tu trouveras que le rêve est réalité. »
« Te dire que je t’aime chaque jour d’avantage ; te dire que mon amour est comme un arbre qui tous les ans a une racine de plus dans la terre, et une branche de plus dans le ciel, te dire que je rêve de toi quand je ne pense pas à toi, qu’il m’est impossible, même en idée , de séparer ma vie de l’amour et l’amour de ton nom ; te dire que tu es ma joie, mon espérance, mon but, ma récompense, mon orgueil.
Surtout n’oublie pas ceci.
Je t’aime plus que jamais. Je ne pourrais pas plus comprendre la vie qans toi que le ciel sans Dieu.
Je baisse vos pieds adorés. »
De la part de Juliette :
Voilà une bien belle journée, mon Toto jusqu’à présent tout paraît très calme et il est probable que rien de fâcheux ne viendra troubler la tranquillité des Parisiens. Pour ma part je le désire bien ardemment car rien ne m’agace plus que ces émeutes parmi lesquelles tu as la manie d’aller te fourrer. Je voudrais que le diable torde le cou aux émeutiers une bonne fois et qu’il n’en soit plus question. Pourvu qu’il n’y ait plus de révolutions, ni d’évolutions, ni de mystifications je donne mon adhésion à ce gouvernement. Avec tout cela, baisez-moi vous et tâchez d’assister régulièrement aux séances de ma chambre. Vous êtes mon représentant à mon unanimité et je vous prie de fonctionner régulièrement et de faire honneur à la confiance dont je vous ai investi. Ne laissez pas passer l’heure du pardon si vous ne voulez pas entendre sonner l’heure de la justice. Vous voyez que je suis à la hauteur de la situation et que les républicains de la veille n’ont rien à m’apprendre. J’en remontrerais même à ceux du lendemain si je voulais mais je ne veux pas. Je veux que vous me baisiez à mort voilà tout. Ça n’est pas bien malin il me semble. Essayez et vous verrez. Juliette
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